LenaNell modèle independent Colombie

Interview avec Lena Nell 

 

Bonjour Lena,

Dis-nous, qui es-tu ?

Je suis LenaNell, j’habite Bogota, en Colombie, j’ai 28 ans, célibataire, un chien, et modèle webcam indépendant à  plein temps.

Depuis peu je pose pour des photographes.  Je vis ma vie libérée et j’assume mon métier. J’ai une belle vie.  J’aime aussi dire que je suis une femme d’affaires depuis deux ans et demie.

 

Ce n’est pas courant être modèle  webcam Independent en Colombie. C’est même curieux…

C’est vrai, nous, les indépendantes nous nous sommes pas nombreuses en Colombie. Mais cela ne veut pas dire que je n’ai pas travaillée dans un studio.

 

Dis nous toute l’histoire alors…

J’ai commencée a faire de la cam, en 2013 dans un studio. Maintenant avec du recul, le monde des studios est pour moi comme un labyrinthe souterrain.

 

Pourquoi fais-tu cette comparaison ?

Il y a différents chemins accompagnées d’ombres. Enfin, je parle de mon experience….

 

Experiences… et rêves.. 

 

Comment fut ton experience ?

Mauvaise, avec des contraintes, des clauses contractuelles indécentes, avec des objectifs de «ventes» irréalisables sans avoir de formation, les colères des admins, la jalousie entre modèles, le mépris et le non respect de ma vie privée.

Mais je ne conteste pas l’existence de très bons studios en Colombie.  Je parle de mon vécu comme modèle dans un des studios…

Quand j’ai décidé de leur dire « au revoir », ils ont essayé de me manipuler, me dire que je n’arriverais jamais sans eux à  m’acheter une maison.

J’y suis arrivée.

 

Il y a des associations professionnelles, pourquoi tu n’as pas demandée d’aide ?

En Colombie il y a une, mais axée « business », depuis cette année, ASOCEA.

Pour y adhérer, il faut être studio.  Payer une taxe d’adhesion et une cotisation mensuelle.  Moi je suis modèle indépendant. J’ai  peut compter uniquement sur moi et ma famille…

 

Peut-être n’es-tu pas faite pour travailler dans un studio… question de personnalité…

Peut-être.  Une choses est sûre.  Je suis devenue plus forte, indépendante, libre, épanouie, et femme d’affaires.

J’aime être celle qui je suis aujourd’hui !

 

La goute de trop m’aide a prendre la meilleur décision !

 

Tu étais une autre avant ?

Oui. J’avais une vie de couple, j’étais sous l’emprise d’un homme, qui me manipulait, me harcelait, m’extorquait de l’argent. Pour le simple fait, que j’étais un modèle webcam cachée aux yeux de la société, de la famille et des amis.

Quand j’ai quitté le studio, et j’ai rompu avec lui, il a essayé de m’extorquer de l’argent.

C’était la goutte de trop.

Je me suis dévoilée.  Je suis sortie à la lumière, j’ai tout dit à  ma maman, à  ma sœur, aux amis.

J’ai développée ma présence sur les réseaux sociaux en tant que modèle webcam à  découvert. Sans plus jamais me cacher.

Je ne veux plus jamais subir la manipulation, le harcèlement, que l’on m’extorque de l’argent, ou que l’on me menace.

J’ai pris mon destin et ma vie en mains.

 

Est-ce que ces décisions, ont eu un impact sur tes revenues comme camgirl ?

Pas que sur mes revenus. Sur ma personnalité d’abord. Aujourd’hui, je gagne assez pour être libérée de l’esclavage, des rêves des autres, je paye mes taxes.

Je suis heureuse, fière,  épanouie, avec des objectifs clairs et précis pour l’avenir, j’ai une maison à moi..

Pour ma maison je paye un crédit, mais je n’aurais jamais pu y arriver sans mes fans et visiteurs fidèles.

 

Tes visiteurs connaissent un peu tes projets de vie ?

Certains oui, et ils sont contents pour moi. Eux ils connaissent le respect que je leur porte. C’est réciproque.

On ne peux pas bien gagner sa vie comme modèle webcam, sans considération pour nos utilisateurs. C’est un échange. C’est la clé de la conversion a long terme.

 

Parlons travail 

 

Parlons des plateformes.  Quelles sont tes plateformes de travail ?

J’en ai essayée plusieurs avant de trouver ma place sur Cams, Skyprivate et Streamate. J’ai aussi mon site perso sur Model Centro, et un FanClub sur FanCentro.

 

As-tu des choses a dire à  ces plateformes ?

Oui : Merci Cams.com pour l’excellent,  le meilleur support modèle en ligne. Le top.

Merci a Skyprivate, où  l’approche de la webcam est différente et Streamate, grâce a ses plateformes je réalise mes rêves.

 

Nous avons fait connaissance a SexpoErotica, en Ecuador cette année.  Que penses-tu de ces « events » dédies aux modèles et aux studios ?

Pour moi SexpoErotica, c’est la rencontre avec toi et Paola (ABEME). Tout court.

 

Vous avez LalExpo en Colombie, est un énorme évènement pour l’industrie de la livecam et pour les plateformes.

A Cartagena, j’ai étais impressionnée par le nombre de participants…

Et tu n’as vu que 10% de ceux qui sont actifs, en Colombie dans le livecam, modèles et studios confondus. Participer a un tel évènement  a un certain coût : le billet d’entrée, le transport, l’hôtel, la restauration, etc.

Je ne vais pas utiliser langue du bois à  ce sujet. LalExpo, est un bon évènement, c’est evident. Mais avant tout c’est un business.

 

Et tous ceux qui y participent font des business aussi, même toi…

Ce qui me dérange le plus, c’est le fait que les modèles et les studios doivent payer un billet d’entrée.

J’estime, que les plateformes sponsors, payent pour nous.

Cet évènement est fait pour faciliter la rencontre professionnelle entre les modèles, studios et camsites.  On travaille assez, j’estime que les sites gagnent de l’argent grâce à nous et je ne vois pas pourquoi nous devons payer le billet d’entrée quand eux payent assez cher les sponsoring…. Pourquoi les camsites acceptent ça ?

Où est le respect dans cette rencontre ?  Ils viennent pour faire du business avec nous non ?  Rencontrer leur « partenaires ».

Pour moi, le plus juste, c’est une entrée gratuite pour les modèles et Studios. Point.

 

L’organisation d’un évènement de cette taille, coûte énormément…et le pays est mis en lumière. Toute industrie a les yeux sur cet event…

Peut être cette industrie commence d’abord a faire tomber les barrières mises entre le carré VIP, dont beaucoup d’entre eux bénéficieront et nous, ceux qui payons un billet d’entrée simple…

C’est où la mixité ?   Comment échanger avec eux, se connaître, discuter, si chacun reste dans son carré ?  Qu’ils m’expliquent, s’ils me considèrent partenaire d’affaire ?

 

et encore le travail …

 

Tu es nommée au à « HotCam d’Or – EroAwards » dans la catégorie « Modèle International ».  C’est un bonne étape, te faire connaître au public francophone mais aussi aux camsites francophones.

Je connais déjà  XloveCams.  Je l’avais essayé . Je n’ai pas compris comment il fonctionne, et personne ne m’a aidé  comprendre.  J’ai renoncé.

En ce qui concerne les awards, pour être sincère je n’y crois pas, quelque soit l’award, la plateforme de vote ou l’organisateur.

 

Comment fais tu, pour t’informer et t’instruire, sur ce métier de camgirl?

Je participe aux panels dans l’event de LalExpo, je lis les forums, j’échange avec des autre camgirls. Il y a l’université Juan Bustos, destinée aux camgirls, mais à  Medelin.

 

J’adore son travail, son site internet, sa revue. Pour moi comme blogger, il représente une vraie source d’inspiration.

Je ne sais pas. Mais je n’ai pas la même vision.  Pour moi, c’est un business où le modèle doit payer pour accèder aux informations.

 

Que penses-tu de toi-même, après cet interview ?

J’aime croire que je suis courageuse. Que je représente la volonté de réussir, la grâce dans la sensualité et la rébellion dans les idées. Toutes les caracteristiques d’une révolutionnaire !!!

 

Pour finir, as tu un message  faire passer aux modèles webcam ?

Oui. De ne pas avoir peur de devenir indépendantes. Je suis sûre que beaucoup veulent l’être. Prendre leur destin professionnel en mains, avec panache.